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Principes fondateurs de l'association

GratiLib, Structure et principes de l'association, 10/11/2011. Dernière mise à jour 17/10/2017 06:49


Principes d'action

Cohérence entre la fin et les moyens

Le but de l'association étant le développement des échanges non-marchands, il paraît logique de développer des outils facilitant ces échanges non-marchands (la fin) et de les appliquer au fonctionnement de l'association (le moyen).

Par conséquent, l'association :

  1. utilise au maximum des outils produits et diffusés de manière non marchande,
  2. utilise au maximum les outils qu'elle développe - en particulier, le réseau non-marchand - pour fonctionner,
  3. promeut et ouvre ses portes, au maximum, à d'autres initiatives qui fonctionnent sur un modèle non marchand.

Usage d'outils non marchands

Cette volonté de faire usage prioritairement d'outils non-marchands se repère à travers les choix que nous avons effectués en ce qui concerne :

  • Le site nonmarchand.org. Il est construit sur le logiciel libre PmWiki. Il comporte une partie éditable par tous en mode wiki. Il est hébergé par Toile Libre. Et aussi, future migration partielle - probable - vers d'autres réseaux numériques plus indépendants. Ex: http://freenet.org et réseaux sans fil communautaires.
  • Le financement. Nous tentons d'utiliser au maximum, les ressources qui proviennent des réseaux non-marchands pour financer le fonctionnement de l'association. Cela peut aller de l'usage d'objets dans une zone de gratuité visant à réaliser des actions collectives, à l'organisation de colloques dans des espaces ouverts, etc. Priorité est donc donnée aux ressources gratuites pour couvrir certains frais:
    • Aux dons et aux prêts.
    • A la production et à la vente d'objets auto-produits ou récupérés, sur des circuits d'échange marchands assez ouverts : Internet, vide-greniers, collectes de rue, etc.
  • Il n'est pas question pour nous de recourir à la publicité pour nous faire connaître (nous comptons plutôt sur le bouche à oreille et sur de la publicité à travers le développement des activités non marchandes)...
  • Le laboratoire de recherche que nous soutenons opte pour une recherche distribuée, produite de manière non-marchande et non-professionnelle, et utilisant des outils et des ressources non marchandes.

Ouverture

Dans la mesure où elle a aussi pour rôle de fédérer, Anomali est ouverte, de fait, à toute initiative qui permet le développement de l'économie non-marchande à travers la promotion et la réalisation des échanges non-marchands.

Il reste que la délimitation des organisations, ainsi définie, n'est pas toujours facile... Voir le reglement interieur.

Non directivité

A la différence de nombreuses associations, les contributeurs peuvent agir librement au sein de l'association Anomali, au sens où ils ne sont pas dirigés. On ne leur dit pas ce qu'ils doivent faire, à eux de prendre eux-mêmes des initiatives. Si vous adhérez à l'association ou participez à des projets qu'elle a initié, ne vous attendez donc pas à ce que quelqu'un vous dise ce qu'il faut y faire ! Si vous avez une idée, mettez-là en place, et, si elle pose problème à quelqu'un, la discussion devrait régler le différend.

Quelle structure ?

En vertu des principes que nous venons d'énumérer, l'association s'est structurée de manière à pouvoir appliquer à son propre fonctionnement les outils qu'elle développe. Les interactions avec l'association, entre contributeurs, peuvent donc pour la plupart, transiter par le réseau non-marchand: prêts, dons, activités mutuelles.

Valeurs et positionnement par rapport aux autres systèmes d'échange.

C'est un sujet de réflexion et de discorde fréquent. Quel positionnement faut-il avoir par rapport aux autres formes d'échange ? Après mûres réflexions, nos conclusions sont à peu près les suivantes.

Libre association volontaire

Nous défendons des échanges non contraints, fondés sur des contrats librement consentis et sur le droit de chaque personne à disposer d'elle-même et de ses biens.

Ce qui implique, notamment, que nous ne remettons pas en cause, sur le fond, l'intérêt individuel et la propriété privée. Au contraire, l'intérêt individuel nous semble inhérent à la pratique non marchande. Pour faire une analogie, si l'arbre donne ses fruits gratuitement, c'est par intérêt... Quant aux règles de la propriété privée, il nous semble plus productif de tenter de les détourner, à la manière du copyleft, pour construire une économie non marchande réticulaire, que de lutter de front contre un droit profondément ancré dans les institutions.

Ce qui n'empêche pas de faire des propositions pour tenter d'assouplir les règles juridiques pour qu'elles concordent avec des finalités non marchandes. Car, au fondement de notre démarche, il y a la défense de la liberté individuelle. C'est elle qui guide notre démarche. Ce ne sont pas des démarches concurrentes comme la défense de la démocratie ou la défense d'un "bien commun". Quand la propriété permet la défense des libertés individuelles, alors, nous considérons qu'il faut la défendre. Quand elle la restreint, en limitant notamment les usages publics que l'on peut faire de certaines ressources, alors, nous pensons qu'il faut la combattre.

Non anti marchand

Nous ne sommes pas anti-marchands. En vertu du principe de libre association volontaire. Chacun peut contracter de la manière qu'il veut avec une autre personne. Une conséquence, c'est qu'il nous paraît possible, et même souhaitable, de financer le développement du non marchand par le marchand, à l'instar de ce qui se fait dans le secteur des logiciels libres.

Cela étant, défendre le non-marchand conduit à deux prises de positions:

  • Nous militons pour que le secteur non marchand puisse se réapproprier, via la voie légale ou économique, des ressources qui sont accaparées par le secteur marchand (et donc, qui en freine son développement). Lorsque le secteur marchand fait concurrence au secteur non marchand et aux systèmes d'autoproduction, nous prenons le parti du secteur non marchand.
  • Pour la plupart, nous rejetons à titre individuel, selon une intensité, un prosélytisme et des motifs variables, les pratiques et les valeurs marchandes. Cela se traduit par exemple par la répulsion à l'idée d'être riche, le dégoût éprouvé face à la consommation de masse, le désir d'acheter le moins possible, etc.

Gratuité réticulaire et désintermédiée

Les systèmes d'échanges non marchands que nous développons et promouvons se veulent au maximum réticulaires et désintermédiarisés.

Anti gratuité marchande

Nous rejetons, au maximum, les formes de gratuité qui n'ont d'autres objectifs que le développement des échanges marchands. Ex: la publicité.

Anti gratuité d'Etat

Les services publics fournis par l'Etat ne sont pas gratuits. Nous les payons indirectement. Par ailleurs, ils sont le plus souvent traversés par des collusions d'intérêt, une logique marchande à peine déguisée et une contrainte forte exercée à l'égard de l'usager via, a/ la sélection des services fournis, b/ une contrainte de consommation plus ou moins forte, c/ l'obligation de contribution. Nous proposons en réponse à cela un service public désintermédié et réticulaire, produit directement par les usagers.

Anti professionnalisme, anti-développement et anti-hiérarchie

Les pratiques non marchandes que nous défendons se veulent au maximum non professionnelles (pas de fermeture dans l'accès à l'activité, pas d'exclusion, pas de volonté de forcément bien faire...) et non hiérarchiques (pas de rapport de domination).

Elles s'inscrivent par ailleurs dans le rejet d'une aide dont la finalité est l'intégration ou la réintégration dans les institutions, et notamment dans les institutions marchandes.

Par exemple, plutôt que de défendre le droit au logement, et ainsi, de sur-valoriser le logement marchand, de conserver l'idée qu'il s'agit d'un bien souhaitable, désirable, nous pensons qu'il est préférable de mettre en évidence la pénurie artificielle de logement qui est entretenue - par l'Etat notamment. Artificielle au sens où le logement est réellement abondant, pour peu qu'on accepte de sortir du cadre de l'institution du logement qui définit un certain type de logement, un standard du logement acceptable, habitable, et surtout des règles d'acquisition. Notre souhait est que les acteurs s'organisent entre eux pour revendiquer directement le logement, et surtout un logement alternatif, sans passer par des intermédiaires

Cette position nous amène à rejeter les politiques de développement et les politiques charitables.

Réformisme et appropriation des ressources via la voie légale ou économique

Les solutions que nous proposons pour développer le non marchand sont légales (prosélytisme, appels à contribution, développement d'outils, recherche, propositions de lois, etc.) et fondées sur l'économie non marchande et marchande (achat de terrains mis à libre disposition, achat puis libération de livres, etc.). A ce titre, nous parions sur une extension progressive de l'économie non marchande, avec une mise à disposition croissante et auto-entretenue (synergie entre les activités non marchandes) de ressources non marchandes.

Cette stratégie suivie ne nous empêche pas d'avoir une prise de position favorable à l'égard de nombreuses initiatives anti-capitalistes : fauchages d'OGM, occupation de chantiers, squats..., qui poursuivent, avec des moyens différents, une finalité proche de la nôtre.

Assimilation de l'économie sociale et solidaire à l'économie classique

Nous ne prenons pas en compte les différences entre l'ESS et l'économie classique. Le fait d'adopter une posture non marchande nous pousse à mettre dans le même panier toutes les formes d'économie marchande.

Non anti-technique et non anti-croissance

Le fait de promouvoir l'échange non marchand n'implique pas forcément de rejeter la technique et la croissance. Toutefois, force est de constater que, d'une part, les techniques traditionnelles sont souvent mieux adaptées à l'auto production que les techniques modernes, d'autre part, le développement des échanges non marchands a pour conséquence probable la décroissance de la consommation et de l'achat ; mais ce n'est - hélas - pas certain.

Non totalité

Nous ne militons et n'agissons pas pour que les échanges non marchands occupent l'intégralité de l'espace des échanges. Autrement dit, il n'est ni souhaitable, ni nécessaire, ni réaliste, que tous les échanges, au sein d'une société donnée soient non marchands, et que tous les échanges qu'une personne réalise, soient non marchands.

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